Billet Tintinabulant
- Corinne Tong-Chaï
- 4 oct. 2016
- 2 min de lecture

Des bulles, des planches, des dessins originaux, des objets reconnaissables entre mille, de la fusée d'Objectif Lune au Sceptre d'Ottokar, en passant par la statuette à l'Oreille cassée, pas de doute l'univers de Tintin nous accueille au Grand Palais. Le 9ème art investit l'immensité de ce musée par la lorgnette de Milou, Haddock, Dupont et Dupond, la Castafiore ou encore le professeur Tournesol. Si j'ai lu Tintin, assez tard, je ne suis pas un tintinophile addict, encore moins une Georges Rémi avertie. Hergé n'a jamais suscité en moi l'émoi d'un Bilal ou d'un Pratt. Mais son coup de crayon, la ligne claire, m'a toujours interpelé. Moi qui goûte volontiers les fondus, les subtilités et les dégradés, Hergé ne me donnait pas de nourritures appétissantes. Comment poser un personnage sans ombre sans pour autant le faire voler? Sa ligne de conduite m'échappait mais force est de constater qu'elle fonctionnait parfaitement. Chez le garçon à la houppette, je n'ai voulu voir que le côté aventure, journaliste, voyage, sans cesse en mouvement. Sans jamais m'arrêter sur autre chose. Je dévorais ces albums qui m'emmenaient au bout du monde. D'Hergé, on apprend qu'il était multiple : affichiste à ses débuts, amateur d'art contemporain et surtout peintre. L'exposition s'ouvre d'ailleurs sur une petite dizaine de toiles abstraites peintes par le belge, avec de fortes influences comme celles de Miro, Matisse ou Klee. Et immédiatement je l'ai remercié tout doucement d'être resté concentré sur la bande dessinée, à laquelle il a apporté sans aucun doute davantage qu'à la peinture abstraite. D'ailleurs au début des années 70, sa lucidité le grandit : ''La bande dessinée est mon unique moyen d’expression. Qu’y a-t-il d’autre à ma disposition ? La peinture ? Il faut y consacrer sa vie. Et comme je n’ai qu’une vie — et déjà largement entamée — je dois choisir : la peinture, ou Tintin, pas les deux ! Je ne peux pas être peintre du dimanche ou du samedi après-midi, c’est impossible !''. Et c'est tant mieux! Ce qui est certain c'est que l'on ne s'ennuie pas dans cette expo. Imaginée comme Tintin, pour un public de 7 à 77 ans. Les enfants s'éclatent devant les murs peuplés par l'univers du petit reporter et les adultes en apprennent davantage sur l'art de la BD selon Hergé dans un petit film où il explique planche par planche son travail minutieux, devant un Michel Drucker, jeune, bluffé et un Yves Robert qui décrypte chaque vignette comme un plan cinéma. Un régal. Et s'il fallait encore réunir toute la famille....la dernière salle est le lieu rêvé. Des grands-mères, des enfants, des trentenaires, des couples, tout le monde veut son selfie devant la fresque concave où l'on retrouve tous les personnages qui nous souhaitent pêle-mêle ''Bonne année'' ''Joyeuses Pâques''''Joyeux Noël'' ou encore ''Vive la paix''. En voilà des cartes de voeux originales. Non je n'ai pas cédé à la mode du selfie joyeux !!!!
Grand Palais
3, avenue du Général Eisenhower 75008 Paris
Exposition ''Hergé''
Du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017.
Fermé le mardi






























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