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Billet de "Nine Old Men''au sommet

  • Corinne TONG-CHAI
  • 16 janv. 2019
  • 3 min de lecture

"Nine Old Men'', un titre qui rappelle presque celui de grands films tel ''les sept mercenaires''.

Des dessinateurs de talent, tout le monde en connaît, de Picasso à Léonard de Vinci, de Lautrec à Hopper. Mais il est une catégorie de dessinateurs oubliés voire dénigrés qui possède le génie d’animer un dessin. De lui donner vie. De raconter une expression en un coup de crayon jeté sur un bout de feuille. Instantanément. Et de reproduire un personnage simple en des milliards de dessins. Toujours le même et pourtant jamais identique. Oui ça s’appelle du dessin animé et dans ce domaine Walt Disney fut un maître. Enfin presque. Parce que les mains qui s’activaient, c’étaient celles des « Nine Old Men «. Neuf dessinateurs de génie qui, de 1937 à 1977, animèrent tous les plus grands chefs d’œuvre du dessin animé de l’âge d’or des Studios Disney. Le musée Disney, qui a ouvert ses portes en 2009 à San Francisco, au sein même du fantastique parc du Presidio, leur a rendu hommage de très belle façon avec une exposition exclusivement consacrée à leur travail.

La claque que je me suis prise en entrant fut magistrale. Des crayonnés jetés sur toutes sortes de papier, des dessins clés de certaines scènes, des originaux face auxquels tous mes souvenirs d’enfant sont revenus. Neuf dessinateurs, ces Nine Old Men, soit les neufs sages appelés ainsi par Walt Disney lui même, en référence aux neuf juges de la Cour Suprême des USA sous Roosevelt. Ces derniers souvent trop vieux pour prendre des décisions s’opposaient parfaitement aux 9 hommes modernes de Disney, âgés eux entre 30 et 40 ans à l’époque.

Tous les neufs ont participé aux « 101 Dalmatiens ». C’était l’époque où les dessins se faisaient à la main. On jetait, on recommençait, on essayait, on n’avait que son génie dessinateur pour faire avancer les personnages. Là, sous mes yeux aussi exorbités que ceux du loup de Tex Avery, des centaines de dessins rares et originaux. Si Pinocchio est une marionnette atypique, c’est grâce au talent d’Eric Larson. Dans la salle suivante, le crayon de Franck Thomas fait des merveilles sur Bambi. Pour preuve cette photo, où un véritable faon est apprivoisé par le dessinateur dans le studio pour étudier au plus près les mouvements de l’animal. Époque révolue mais si tendre. Comme cette actrice, Eleonor Audley qui sert de modèle aux traits tyranniques de la belle mère de Cendrillon. Un peu plus loin, c’est une esquisse originale de quelques lignes qui retranscrit toute la confiance que Mowgli porte à Baloo en lui prenant la patte. John Lounsbery offre toute l’étendue de son génie dans « La Belle et le clochard » et cette série de dessins successifs du cuisto si typique à la toque atypique. Tout y est décortiqué, de la position de la fourchette à la chaleur du plat de pâtes quand il arrive entre les deux amoureux canins. Un régal des yeux.

Les Clark pose en deux coups de crayons l’univers de Fantasia, Marc Davis fait virevolter Clochette en l’affublant de dizaines de moues expressives et subtiles, Milt Kahl fait valser Mowgli avec King Louis, Ward Kimball donne de la conscience à Jiminy Cricket tandis que Ollie Johnston fait décoller Orwill avec sa légèreté légendaire. Woolie Reitherman s’évertue à effrayer le Capitaine Crochet dans les crocs d’un féroce alligator en annotant son dessin d’instruction sur la couleur des crocs de l’animal « Green Croc ». Rien n’est laissé au hasard. Mais tout semble si spontané...bref je pourrais vous raconter tous les Disney les plus mythiques mais sans vous montrer un seul dessin. Aucune photo permise. Pas même celle du bureau des animateurs, meuble divin d’ingéniosité et tel qu’on n’en fabrique plus.

Ces neuf dessinateurs ne sont pas du tout connus du grand public. Et pourtant ce sont les véritables artisans du triomphe des dessins animés à une époque où personne ne croyait que l’on pouvait le faire. Personne sauf Walt Disney. Qui, lui, a eu le génie d’être à l’origine artistique des scénarios, des personnages et surtout celui de croire que c’était possible. Disney sans ces Old Nine Men n’était rien. Mais sans ces dix mecs là, le dessin animé n’aurait jamais eu le succès qu’il a eu. Et qu’il a toujours. Même si l’époque et les moyens ont changé radicalement. Pour preuve le retour gagnant de la Nanny la plus célèbre de Londres, Mary Poppins.

The Walt Disney Family Museum

104 Montgomery Street in the Presidio

San Francisco, CA 94129

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